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1.10.2019

dix-huit

2018. Cela me fait bizarre de venir en parler ici où je n'ai pas été très présente cette année. Au final, c'est une année qui m'a parue riche en changements tout en ayant une saveur de trop simple, moi qui souhaitais l'année dernière pouvoir m'arrêter quelque part, j'ai l'impression qu'aujourd'hui ce mouvement me manque et l'envie de changer me reprend à nouveau.

C'est drôle de se dire qu'il y a un an, j'écrivais ces mots "J'aimerais aussi beaucoup l'arrivée d'un nouvel ami à quatre pattes, je rêve de courts et de longs métrages, et peut-être, enfin, pouvoir défaire nos valises pour un peu plus de temps.", et que l'ensemble de mes souhaits réalisés, je suis encore insatiable, je rêve de plus et d'autre chose. C'est peut-être ça la vie après tout, faire des plans sur la comète, changer d'avis tous les jours, remettre en cause ses désirs et rêver d'autre chose ? Peut-être que lorsque cette envie d'évolution s'arrête, alors la vie s'arrête elle aussi, ou quelque chose de cette trempe. Je ne sais pas. Ou peut-être seulement n'ai-je pas encore trouvé l'endroit où je me sentirai bien, et l'envie d'y rester, et de construire à côté ?

Je crois que je ne suis pas assez patiente, que j'aimerai continuellement plus, mais que c'est en même temps cette impulsion qui me fait avancer. Et qu'aussi bizarre que cela puisse paraitre, mes envies de changement continuels évoquent au fond une maison, un jardin, un endroit pour longtemps. J'arrive de moins en moins à tenir dans des endroits qui ne sont pas à moi, j'ai de plus en plus l'envie de construire pour nous, de décorer à mon gout, de choisir le sol, les robinets et même l'épaisseur des carreaux. Et pourtant, j'ai aussi envie de voyages et de découvertes d'ailleurs avant de pouvoir m'arrêter, j'ai envie d'essayer des millions de choses tout en sachant que je peux me retrouver quelque part. Bref, une nouvelle fois, l'année se termine et je rêve d'autre chose. J'ai trouvé mon calme, mon appartement, et même ce "nouvel ami à quatre pattes" mais je ressens le besoin d'explorer différemment.

2018 a commencé sur un déménagement, dans une ville que je n'aimais pas vraiment et que je n'aime toujours pas, mais dans un appartement qui me plait toujours autant, duquel je peux voir les toits, le coucher et le levé du soleil, et la fumée qui sort des cheminées. Ce début d'année marque aussi nos premiers vrais investissements "maison", notre propre lit, un canapé, une cuisine, enfin un intérieur qui nous ressemble et où il m'est possible de m'amuser, entre couleurs et textures. On est chez nous, les valises sont vides et rangées dans un placard, tout là-haut. N'était-ce pas ce que je cherchais après tout, ce moment de calme après tous nos changements ? Ces nouveaux débuts sont également possibles par le lancement officiel de mon entreprise, et mon premier salaire digne de ce nom. Je savoure le fait de travailler pour moi, à mes heures et d'où je le souhaite, et je découvre chaque mois un peu plus les possibilités qui s'ouvrent à moi. J'ai cette année construit quelque chose de solide de ce côté là, qui m'aura permis de profiter de mes soirées différemment, d'attendre les week-ends avec impatience aussi bien que les lundis matin, de gagner de l'argent, d'en mettre de côté, et d'en dépenser plus réfléchie, d'investir plutôt que d'accumuler. Je mesure de jour en jour le luxe de pouvoir travailler comme je le fais, de choisir mes clients, de pouvoir dire non, pour autant, je comprends un peu plus aujourd'hui comme il peut être compliqué de se détacher du travail le soir quand on l'exerce de chez soi.
C'est ce mode de vie, notre appartement et sa cour qui nous a également permis d'accueillir mon Otto cette année. Un chien, j'en rêvait depuis des années. Et je me prends encore à sourire lorsque je le tient dans mes bras - comme s'il fallait que je le laisse chez moi à la fin du week-end et que je le retrouve au début des vacances. C'était un réel changement pour nous de devoir faire passer ses besoins avant les nôtres, de s'adapter à cette nouvelle petit vie pleine de poils et pas toujours très obéissante. Mais grâce à lui, j'ai retrouvé le plaisir des pauses et des longues balades, le matin et le soir, sans but, simplement pour marcher, regarder autour de nous, respirer, un moment qui je pense me rend plus productive et heureuse au quotidien. Je sais qu'il me donnera toujours le sourire, que je peux m'y réfugier et qu'il m'aide à trouver une occupation dans les moments plus longs, le sentir tout chaud sur mes pieds au bout du lit le samedi matin.

Cette année, j'ai aussi regretté mes amies, j'ai eu envie de reprendre contact des dizaines de fois sans jamais vraiment oser faire le premier pas, je me suis sentie isolée dans mon quotidien, peut-être trop calme parfois, les rencontres impossibles ici et ma peur de déranger, de ne pas être acceptée, de regretter. Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis, mais j'en suis venue à envier ces couples qui partent en voyage ensemble, partagent leurs espoirs, se perdent la nuit, s'appellent pour rien dire, partagent des moments, simplement. J'espère en 2019 construire davantage cette partie-là de notre vie.

Enfin, pour 2019, je me sens prête à laisser de côté notre confort enfin trouvé, tout quitter d'ici, partir dans une nouvelle aventure, refaire des valises. J'ai envie d'imprévu, de me lancer dans un nouveau projet un peu incertain, de construire à nouveau et d'essayer différemment. Une nouvelle expérience en somme, bercée par la stabilité de nous deux, d'Otto, de mes clients sur internet et de ce qu'on a pu mettre de côté cette année. En écrivant cela, je me dis qu'il est aussi presque injuste de donner une idée si terne de ma dernière année alors qu'en 2018, j'ai pu: m'installer pour de bon, passer de longs après-midi d'été à la plage, agrandir ma collection de romans, écouter radio classique de onze heures à midi, décorer mon premier sapin, m'offrir des fleurs, profiter de ma famille, partir en week-end rien que nous deux, avoir un chien et me baigner un nombre incalculable de fois.

J'ai à la fois tout ce qu'il me paraissait impossible d'avoir il y a un an, tout en ayant envie une fois de plus de tout ce que je ne peux pas encore toucher, d'inconnues. Je suis plus que toujours changeante, indécise.

Pour cette nouvelle année, j'aimerai: aller à des concerts, des festivals, au théâtre écouter des opéra et voir des ballets. Retourner au Louvre à Paris, aller enfin à Londres, à Rome, ou dans la région des lacs en Italie. Pourquoi pas la Bavière également, dont nous parlions ce matin ? Je veux voir grandir Otto et faire des choses rien que nous deux, partir en week-end, sortir au cinéma ou avec des amis, écouter de la musique. Je voudrais lire plus, mais surtout écrire plus, davantage pour moi, me soulager un peu des débats constants qui se jouent dans ma tête et moins réfléchir, d'en parler ici plus souvent, sans esthétique, plus libre dans mes mots. Je veux bien sûr poursuivre mon entreprise et pourquoi pas explorer de nouvelles pistes, je veux que l'on se retrouve un peu, être plus spontanée, faire de bons dîners, cuisiner différemment, limiter ma consommation de plastique, prendre des photos à l'argentine, rénover un garage, et collecter encore plus de souvenirs.



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